O - Damien Rice (2003)

Rares sont les chroniques qui ne se démodent pas avec le temps. Voici ce que j'écrivais de l'album O de Damien Rice en novembre 2003 : "Un an après la douceur fatale de Gemma Hayes, L'Irlande est à nouveau le théâtre d'un énième bonheur musical en la personne de Damien Rice. Sorti officiellement en septembre 2003, le premier album de ce jeune songwriter est tout simplement une pure merveille. Accompagné d'un batteur, d'une chanteuse et d'une violoncelliste, cet artiste nous délivre des compositions simples au rythme lent où la tristesse se fait irrémédiablement belle. Le premier titre de l'album 'Delicate' plante le décor. Ici, nul besoin de boites à rythmes ou de production trop démesurée (comme c'est la mode actuellement). Le petit groupe se suffit à lui-même et Damien se charge personnellement de tout, de A à Z, avec l'aide de ses amis. 'The Blower's Daughter' prend l'auditeur à la gorge. C'est parti pour un voyage plein d'émotions. Attention, une merveille peut en cacher une autre et c'est au tour de 'Cannonball' de débouler sans crier gare. Imparable, cette chanson risque de faire un malheur sur les ondes. Sur 'Older Chests', on croit reconnaître le fantôme irlandais de Springsteen façon Tom Joad. On pense aussi à Tom McRae, autre songwriter de talent. 'Amie' se ponctue sur un arrangement de cordes de toute beauté. Et que dire de ce 'Cold Water'qui tente de cicatriser nos blessures les plus secrètes. Lisa Hannigan prend les commandes sur 'I remember' provoquant la réaction instantanée de son comparse. La dernière plage se profile déjà à l'horizon mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Pas moins de 4 titres illustrent cette 10ème plage qui dure plus de vingt minutes. Tout d'abord, il y a cet 'Eskimo' et son refrain terrible ("When I'm down, down, down...) qui se conclue sur un air d'opéra. Puis, Lisa Hannigan nous laisse pantois en reprenant a cappella un chant traditionnel. Enfin, sur 'Woman like a man', le titre le plus enlevé de l'album, le groupe se lâche définitivement en évacuant cette douce tension accumulée depuis le premier titre. Révélation de l'année."
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