In A Bar Under The Sea (1996)

C’est en 1996 que sort In A Bar Under The Sea, le deuxième album de dEUS. Pour le groupe belge, il s’agit de confirmer le succès indé de Worst Case Scenario qui avait secoué l’Europe deux ans plutôt. Coup dur, la bande à Tom Barman devra continuer sans les riffs stridents de Rudy Trouvé stressé par les tournées et la probable future vie de rock star qui se profile à l’horizon. dEUS fait appel à un guitariste écossais, Craig Ward, pour lui succéder. En outre, la production est confiée à un membre de Captain Beefheart, Eric Drew Feldman.Du coup, In A Bar Under The Sea ressemble à une véritable auberge espagnole avec une succession de morceaux qui ne se ressemblent pas ou presque. L’album s’ouvre sur une sorte de démo blues acoustique de fin de soirée bien arrosée I Don’t Mind What Ever Happens. S’en suit l’intense Fell Off The Floor Man avec son cocktail inédit de styles musicaux : rock, power pop et pointe disco. Impossible de rester de marbre face à la folie de Stef Kamil Carlens et de son contre-chant qui joue au ping-pong avec la voix de Tom Barman. L'explosivité de ce morceau va immédiatement contraster avec la sagesse du suivant. Opening Night s’ouvre une ligne de basse toute simple qui sert de base à une mélodie soigneusement développée. Le rustique Theme From Turnpike assombrit immédiatement le ciel par ses boucles répétées. Le film est toujours invisible. Les musiciens renouent avec un travail soigné avec Little Arithmétics et le sentimental Serpentine.
A Little Arithmetics n°44 dans les charts britanniques.
Coincé entre les deux titres, Gimme The Heat est un trésor vaporeux, paresseux qui ne se dévoile qu’après deux longues minutes. Il faut savoir mériter ces moments de délivrance. A Shocking Lack Thereof surprend par son intro mécanique bizarre. Un vrai bazar mélodique, original et inspiré. Le groupe choisit cet instant pour nous assommer avec 2 titres courts, bruts et particulièrement enlevés (Supermarketsong, Memory Of A Festival). De la pure inconscience qui s’oppose presque au sérieux de Guilty Pleasures. Les décalages sont nombreux. On se retrouve dans une ambiance jazz avec Nine Threads et la trompette de Bart Maris de Morphine. Disappointed In The Sun est un sommet de mélancolie au piano. A chaque fois que vous ouvrez un tiroir, c’est la surprise. Roses nous hypnotise sans mal avec son intro avant un brusque réveil sur un couplet. On y retrouve avec plaisir Rudy Trouvé dont l‘une des peintures sert de pochette. L’album se referme l’air de rien sur la douce ballade estivale Wake Me Up Before I Sleep. Avec ses fausses pistes expérimentales à prendre ou à laisser, In A Bar Under The Sea est un véritable festival de créativité qui ne donne pas le temps de respirer. Au pire, vos cages à miel seront englouties à tout jamais bans ce bar, sous la mer.
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