Beautiful Freak - Eels (1996)

Publié le par kill-eye



En 1996, Steven Spielberg lance son label Dreamworks et confie à un groupe inconnu le soin d'ouvrir le bal. Ce groupe, c'est Eels, une formation américaine bâtie autout d'un artiste au look bizarre Mark Oliver Everett surnommé E. L'album, c'est Beautiful Freak. Vous vous souvenez de cette pochette blanche toute bizarre avec cette fille aux yeux quelque peu grossis ? Un premier single sort en été et c'est le triomphe. Par son côté à la fois visuel et surtout tendance, j'avoue que Novocaïne For The Soul m'a agacé. Le titre ressemblait à de la power pop synthétique agrémentée de quelques samples. Il m'a fallu quelques mois pour découvrir le côté obscur des compositions de E. C'est le génial Susan's House qui a été le déclic pour moi. Des couplets parlés qui racontent une histoire à la Springsteen et un refrain mélodique et mélancolique en guise d'opposition. Un pur moment de bonheur et une rare subtilité. Dans un registre plus brumeux, Rags To Rags était aussi une confrontation entre un couplet calme et un refrain explosif. Beautiful Freak est une ballade mélancolique qui s'évapore doucement dans la nuit. Au fur et à mesure qu'on avance dans l'album, les compositions se déshabillent. Elles ressemblent pratiquement à des petites démos remasterisées. La pertinence du son et de la production donne au final des compositions toutes simple et touchantes. Ce n'est pas surchargé. Quelques instruments traditionnels viennent se confronter à cet environnement synthétique. On se régale de l'harmonica sur Guest List. On adore la ligne de basse qui ouvre Mental. Le ton est plutôt dépressif, maix n'exclut pas l'ironie comme le prouve My Beloved Monster. De nombreuses fois, j'ai ré-écouté l'intro de Your Lucky Day In Hell en me disant que c'était la perfection incarnée. Avec beaucoup de justesse, l'album se referme sur les dépouillés Spunky et Manchild. Ce que j'avais pris pour de l'arrogance, etait en fait de l'audace. C'est d'ailleurs ce qu'allait confirmer la suite de la carrière d'Eels, avec de jolis contrepieds musicaux, à l'image d'Electro-Shock Blues (1998) et de Souljacker (2001) par exemple. E n'a jamais fait deux fois le même album.

Eels en live au Pinkpop 1997 avec Susan's House.
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Publié dans Albums d'or

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