Raintown (1987)

Inoubliable. Tel est l'adjectif qui convient le mieux pour décrire le premier album de Deacon Blue paru en 1987. Sur sa palette, Ricky Ross n'avait qu'une seule couleur pour peindre Glasgow. Et pourtant, il a trouvé de sacrées nuances pour décrire cette vie urbaine envahie par le gris. Le décor est vite planté avec le court piano-voix Born In The Storm en guise d'introduction. S'en suit le titre Raintown plus rythmé et coloré par le contrechant de Lorraine McIntosh. A l'image de Ragman, Ross propose de partir à la rencontre de ses incroyables habitants. De vrais personnages comme celui -désespéré - décrit dans He Looks Like Spencer Tracy Now : And he cries all night Il y a certainement une part d'autobiographie dans toutes ces histoires. Raintown est un concept-album avec une sacrée ambiance à la clé. La production de Jon Kelly n'est pas spectaculaire à la première écoute. Elle s'avère très vite précieuse avec quelques touches de synthé qui relient l'ensemble et qui surtout lui confèrent un petit côté nocturne fort authentique. Tout comme l'argent (Loaded), l'amour permet de s'évader plus ou moins dangereusement du quotidien (Chocolate Girl, Love's Great Fears). La nuit, les jolies lumières sont une fausse piste. Il y a bel et bien de la soul dans les compositions pop de Ricky Ross (When Will You). Avec beaucoup d'humilité, il se retient magnifiquement sur Dignity avant d'exploser littéralement sur l'intense Town To Be Blamed. Une sacrée claque pour conclure un premier album magnifique. Un sacré culot pour lancer la carrière d'un groupe. La pochette est grise et pourtant les caractères de Raintown sont imprimés en bleu. Plus qu'une simple coïncidence...
Le clip de Dignity - L'album a été remasterisé en 2006.
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